Equilibre sodium/potassium

     Le ratio sodium/potassium est intéressant car il a un impact sur la valeur de la pression sanguine et sur l'hypertension. Le ratio idéal est de trois pour un (soit trois fois plus de potassium que de sodium). Les apports suffisants en potassium sont de 4 700 mg et de 1 500 mg en sodium. Mais aujourd’hui, nous avons une forte tendance à consommer beaucoup plus de sodium que de potassium. Ceci est principalement du à l’arrivée du sel dans l’alimentation, mais aussi à la consommation en hausse d’aliments gras et sucrés, dans lesquels on ajoute régulièrement du sodium. Il fut un temps ou les apports en potassium étaient importants, car l’on consommait davantage de produits bruts. Mais la tendance s’est aujourd’hui inversée à cause de la quantité d’aliments transformés que nous consommons au quotidien.
 
     Les conséquences d’une alimentation trop riche en sodium
Une consommation excessive de produits avec un taux élevé de sodium peut augmenter considérablement le risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité (1,2,3). Ce taux joue également un rôle vis-à-vis de la pression artérielle, car s’il est trop haut, cette dernière augmente et peut provoquer des dommages au niveau du cœur et des artères. A l’inverse, le potassium a comme caractéristique de baisser la tension artérielle(4) et de prévenir l’ostéoporose(5).
 

 


Sources
1. Yang Q, Liu T, Kuklina EV, et al. Sodium and Potassium Intake and Mortality Among US Adults: Prospective Data From the Third National Health and Nutrition Examination Survey. Arch Intern Med. 2011;171:1183–91
2. JAMA and Archives Journals. Study investigates association between intake of sodium and potassium and death among U.S Adults. Science Daily. 2011
3. Cook NR, Obarzanek E, Culter JA, Buring JE, RexrodeKM, Kumaniya SK, Appel LJ and al. Join effects of sodium and potassium intake on subsequent cardiovascular disease: the trials of hypertention prevention follow-up study. Arch Intern Med. 2009;169(1):32-40
4. Whelton PK, He J, Cutler JA, Brancati FL, Appel LJ, FOllmann D, Klag MJ. Effects of oral potassium on blood pressure. Meta-analysis of randomized controlled clinical trials. JAMA. 1997;277(20):1624-32
5. He FJ, MacGregor GA. Beneficial effects of potassium on human health. Physiol Plant. 2008 Aug;133(4):725-35

 

L’intérêt nutritionnel du potassium


      De nombreuses études cliniques ont prouvé que l’apport de potassium est synergique avec la diminution du sodium. Pour une même réduction sodée, la pression artérielle baisse nettement plus quand le rapport Na/K est favorable.


       Le potassium (K) est un minéral essentiel pour l’organisme, dont l’absorption procure des bénéfices de santé démontrés : diminution de la pression artérielle, diminution de la mortalité cardiovasculaire, protection de la fonction rénale, prévention des lithiases urinaires et de l’ostéoporose.


       Or l’alimentation moderne, à base de produits transformés et appauvrie en fruits et légumes, a fait diminuer l’apport quotidien de potassium dans les pays développés autour de 70 mmol, c’est-à-dire un tiers de celui de nos ancêtres.


       Un faible taux sanguin de potassium (kaliémie <4 mEq/L) entraîne une mortalité accrue chez les insuffisants cardiaques; il expose aussi au risque d’arythmie ventriculaire mortelle chez les coronariens et en cas d’hypertrophie ventriculaire gauche, accident qui peut être prévenu en augmentant les apports de potassium.


       Le déficit alimentaire en potassium est également corrélé à l’intolérance au glucose, c’est-à-dire aux états pré diabétiques.


       Il a été montré qu’une carence en potassium exacerbe a sensibilité au sel des hypertendus ; et qu’à l’inverse une supplémentation en potassium atténue la rétention sodée induite par les minéralo - cortiocoïdes.


       On sait de longue date qu’un déficit en potassium contribue à l’hypertonie des artérioles et leur hyperréactivité aux hormones vaso-actives, ainsi qu’à la rétention sodée et la déperdition calcique.


        L’étude NHANES I qui a permis de suivre 9805 hommes et femmes américains pendant 19 ans en moyenne a montré qu’une faible consommation de potassium est associée à un risque majoré d’accident vasculaire cérébral, ainsi qu’à une mortalité cardiovasculaire accrue.



        Le lien entre les maladies cardiovasculaires et les apports de sodium et potassium a été étudié en détail chez 58,730 japonais suivis pendant plusieurs années. La mortalité par accident vasculaire cérébral ou cardiovasculaire s’est révélée proportionnelle à la consommation de sodium, alors qu’à l’inverse la mortalité d’origine cardiaque diminuait avec la consommation de potassium.


        L’excrétion urinaire de potassium (kaliurèse) témoigne de la qualité de l’alimentation : un faible taux traduit une consommation insuffisante de fruits, légumes, céréales complètes, et s’associe avec un indice de masse corporelle, une pression artérielle diastolique et une fréquence cardiaque augmentés.


        Le suivi des études TOHP I et II a montré que le rapport sodium/potassium dans l’urine est encore plus fortement corrélé au risque d’accident cardiovasculaire que le simple taux de sodium excrété, ce qui démontre l’effet synergique de renforcer les apports de potassium au cours de la réduction sodée.

      Risques augmentés par un déficit chronique de potassium :
D’après P. Meneton
  • Hypertension artérielle
  • Accidents vasculaires
  • Insuffisance cardiaque
  • Insuffisance rénale
  • Perte urinaire de calcium, calculs rénaux
  • Perte de masse osseuse et fractures
 
       Le mode de vie «moderne» s'est traduit par une inversion des consommations de Na et K. La réduction de l'apport en K est due à la diminution d'aliments bruts (fruits et légumes) au profit de produits préparés ayant perdu tout ou partie de leurs sels organiques de potassium.


       Parallèlement, l'apport de Na (sodium) a régulièrement augmenté du fait de son utilisation sous forme de NaCI (sel blanc) pour la conservation des denrées.



       Le rapport Na/K a ainsi été multiplié selon les cas de 10 à 1 000 dans les pays industrialisés. En effet, on observe de grandes variations individuelles, selon que le mode alimentaire est proche des modèles dits traditionnels (méditerranéen), ou qu'il contient surtout des produits transformés industriellement.


       D'autres travaux ont montré que le rapport Na/K évolue dès l'arrêt du lait maternel, c'est-à-dire en moyenne dès 3 mois; à 1 an l'apport de Na est dix fois moins élevé chez les enfants (évidemment très rares!) nourris exclusivement au lait maternel.


       Ceci favorise les maladies de civilisation, en particulier cardiovasculaires et rénales, mais aussi entre autres ostéoporose, car notre patrimoine génétique correspond toujours à un apport élevé de K (potassium) et faible de Na (sodium). Tout ceci aussi justifie largement les recommandations de santé publique sur les fruits et légumes et le sel.

Source: publication de l' Association : Groupe SALT - Sodium Alimentaire : Limitons les Taux

 

Conclusion:

Le ratio sodium/potassium

  • Nous mangeons trop de sodium et pas assez de potassium
  • Privilégier les fruits et légumes permet de rétablir l'équilibre
  • Remplacer le sel blanc par du sel marin.

Qu’est ce que le ratio sodium/potassium ?

  • Aujourd’hui, on consomme environ jusqu’à 10g de sel (chlorure de sodium) et 4g de potassium par jour
  • Depuis que le sel est apparu dans notre alimentation, le ratio sodium/potassium s’est déséquilibré : nous consommons 2 à 4 fois plus de sodium que de potassium

Pourquoi rétablir l’équilibre ?

Il est important de rétablir le ratio sodium/potassium car :
  • Trop de chlorure de sodium et pas assez de potassium équivaut à un risque d’hypertension
  • De nombreuses études ont montré que chez les personnes qui souffrent d’hypertension, une alimentation complémentée en potassium abaisse la tension artérielle
  • Selon plusieurs chercheurs, l’excès de sel serait responsable de près de 75 000 accidents cardiovasculaire chaque année en France.
  • Lorsqu’on ne consomme pas assez de potassium, on élimine plus de calcium.
  • Les femmes ménopausées qui consomment plus de fruits et donc plus de potassium, ont une meilleure densité osseuse.

Comment rétablir l’équilibre ?

        En évitant les plats cuisinés industriels, le pain, la charcuterie et en privilégiant les fruits et les légumes riches en potassium : tubercules, plantes racinaires, légumes secs, légumineuses (900 à 1200 mg de potassium pour 100g) mais aussi les champignons, les algues.

Quelques aliments riches en potassium

Aliments riche en potassiumPotassium en mg pour 100g ou 100 ml
Persil6300
Café3535
Curcuma2525
Cacao2509
Morue salée1458
Chocolat1166
All Bran1165
Abricot sec112
Ail en poudre1101